Génocide en chiffres

mai 27th, 2008 by admin

Irak : 1,2 million de morts violentes depuis le début de l’occupation

WSWS, 24 septembre 2007

Lorsque les responsables de la guerre lancée par les Etats-Unis en Irak répondront publiquement de leurs énormes crimes, le week-end du 15 et 16 septembre 2007 constituera une preuve accablante contre eux. Vendredi le 14 septembre furent publiés de courts articles sur un sondage scientifique mené par la firme de sondage britannique ORB, qui concluait que 1,2 million de morts violentes étaient survenues en Irak depuis l’invasion américaine.Ce nombre ahurissant démontre deux faits politiques : 1) la guerre américaine en Irak a créé une catastrophe humanitaire aux proportions historiques, avec un total de victimes dépassant déjà celui du Rwanda en 1994; 2) ceux qui s’opposent à un retrait des Etats-Unis sur la base que cela entraînerait une guerre civile, ou même un génocide, dissimulent délibérément le fait qu’un tel massacre se déroule présentement sous le contrôle de l’armée américaine.

La réaction au rapport de l’ORB dans l’establishment politique et médiatique fut un silence quasi total. Après quelques articles isolés publiés dans les journaux le 14 septembre, aucune couverture de la nouvelle ne fut présentée aux bulletins d’information de soirée et sur les chaînes de nouvelles spécialisées. La Maison-Blanche, le Pentagone et le département d’État ne firent aucun commentaire et aucun candidat à la présidence ou chef du Congrès, républicain comme démocrate, n’aborda la question. Aucun des quatre principaux réseaux de télévision n’abordèrent le sujet lors des talk-shows du dimanche matin.

Et ce n’est pas parce que les personnes concernées n’étaient pas au courant de l’étude, qui a profité d’une grande diffusion sur Internet et qui a été rapportée abondamment dans la presse britannique. La validité des conclusions de l’étude n’a pas vraiment été remise en question.

Opinion Research Business (ORB), fondée par l’ancien directeur britannique des opérations de la firme de sondage Gallup, est une firme de sondage commerciale bien établie. Elle a présenté une description technique détaillée des méthodes utilisées pour extraire un échantillon aléatoire de manière scientifique.

Par contraste, six mois plus tôt, un sondage de l’ORB en Irak avait été acclamé par la Maison-Blanche car certaines de ses conclusions pouvaient fournir un éclairage favorable à la propagande de l’administration. Ce sondage, réalisé en février et rendu public le 18 mars dans le Sunday Times de Londres, concluait que seulement 27 pour cent des Irakiens croyaient que leur pays était en état de guerre civile et que la majorité appuyait le gouvernement Maliki et l’augmentation des troupes militaires américaines, et croyait que la vie s’améliorait au pays.

Ce sondage rapportait aussi des statistiques sur la violence correspondant à celles du sondage mené en août et publié vendredi dernier, notamment que 79 pour cent des résidents de Bagdad affirmaient avoir assisté à une mort violente ou à un kidnapping dans leur famille immédiate ou au travail. Mais ses conclusions sur les opinions politiques irakiennes — et non celles sur les statistiques concernant les victimes — furent publiées à la une des quotidiens américains, dans le Washington Post, le Christian Science Monitor et d’autres journaux nationaux.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow, avait mentionné le sondage de l’ORB lors d’un point de presse le 23 mars, utilisant ses conclusions pour réfuter les résultats d’un sondage en Irak par ABC News, la BBC, le réseau allemand ARD et le journal USA Today. Lorsqu’on lui avait mentionné les conclusions du sondage de ABC soutenant que les Irakiens étaient davantage pessimistes face à leur avenir, Snow avait déclaré : « il y a eu au même moment un sondage britannique avec des résultats presque diamétralement opposés ». Il avait ajouté que l’échantillon du sondage britannique était deux fois plus grand que celui de ABC, et qu’il avait ainsi davantage de crédibilité.

Le sondage ORB de mars avait été largement salué par les médias de droite, y compris le réseau Fox News. Le magazine de droite National Review déclarait : « Les partisans de l’Opération Liberté en Irak seront réconfortés par un nouveau sondage indiquant un haut niveau d’appui pour le plan de sécurité de Bagdad et pour le gouvernement élu qui le met en oeuvre. »

Le dernier sondage ORB, qui se concentre sur l’énorme taux de mortalité produit par l’invasion américaine, n’a pas été reçu aussi positivement par la Maison-Blanche. Il y a, bien sûr, suffisamment de raisons pour une telle hostilité. Les chiffres rapportés par le sondage ORB mine les prétentions de l’administration Bush que son objectif en Irak est de « libérer » le peuple irakien de la tyrannie et terrorisme, ou de défendre la « liberté et la démocratie ».

La véritable raison de la guerre a été révélée par l’ancien président de la réserve fédérale, Alan Greenspan, dans ses mémoires nouvellement publiés, dans lesquels il écrit : « Quelles que soient leurs craintes exprimées quant aux “armes de destruction massive de Saddam Hussein”, les autorités américaines et britanniques étaient également préoccupées par la violence dans une région qui abrite une ressource indispensable au fonctionnement de l’économie mondiale. Je suis attristé qu’il soit politiquement inapproprié de reconnaître ce que tout le monde sait : la guerre en Irak est essentiellement une question de pétrole. »

Tout aussi significatif est le silence des démocrates au Congrès et des candidats démocrates aux présidentielles, qui prétendent tous être opposés à la guerre en Irak. Cependant, cette posture anti-guerre n’a rien en commun avec un véritable sentiment de compassion pour les souffrances du peuple irakien ou avec une opposition de principe aux intérêts prédateurs de l’impérialisme américain dans ce pays riche en pétrole.

Les démocrates s’opposent à la façon dont l’administration Bush mène la guerre, non pas parce que c’est une opération sanglante et criminelle, mais parce qu’elle est mal gérée et parce que les succès escomptés dans l’opération de pillage des ressources pétrolières et la consolidation de la position stratégique de l’impérialisme américain au Moyen Orient n’ont pas été réalisés.

Les démocrates ne veulent pas souligner l’ampleur du bain de sang en Irak, tel que le suggère le sondage ORB, parce qu’ils partagent la responsabilité politique de la guerre, du vote autorisant l’utilisation de la force en octobre 2002 jusqu’au passage par le Congrès d’une série de lois finançant la guerre et totalisant plus de $600 milliards. Dans un procès pour crimes de guerre liés au quasi génocide en Irak, les dirigeants démocrates trouveraient leur place dans le box des accusés, juste derrière la cabale Bush/Cheney/Rumsfeld.

Invité à l’émission de télévision Meet the Press du dimanche 16 septembre, le candidat des démocrates à l’élection présidentielle américaine de 2004, le sénateur John Kerry, a dénoncé toute suggestion que les démocrates au Congrès permettraient une défaite des Etats-Unis en Irak. Il a critiqué l’administration Bush pour la façon dont elle mène la guerre parce que les intérêts nationaux des Etats-Unis en matière de sécurité s’en trouvaient affaiblis, surtout face à l’Iran.

« Nous ne disons pas qu’il faut abandonner l’Irak, a dit Kerry. Nous disons qu’il faut un changement de la mission et un ajustement de la mission pour que le gros des troupes de combat soit retiré au plus tard d’ici un an pendant que nous continuons à offrir en arrière-garde le soutien de base nécessaire pour terminer l’entraînement [des troupes irakiennes], pour qu’elles puissent se tenir debout seules et que nous puissions pourchasser al-Qaïda. »

Kerry a clairement dit qu’il était en faveur d’une politique plus, pas moins, agressive au Moyen-Orient. « Nous devons sortir d’Irak dans le but d’être plus fort face à l’Iran, a-t-il dit, dans le but de nous occuper du Hezbollah et du Hamas, de restaurer notre crédibilité dans la région. Et je crois, très profondément, qu’ils comprennent ce qu’est la puissance. »

Le présentateur de Meet the Press, Tim Russert, a insisté pour que Kerry prenne position sur le refus des démocrates de forcer la Maison-Blanche à mettre un terme à la guerre en refusant de voter les crédits de guerre. Kerry a éludé la question, déclarant, faussement, qu’un tel geste exige 67 voix au Sénat pour contrecarrer le veto présidentiel. Le soi-disant problème des 67 voix est un obstacle que les démocrates au Congrès ont sciemment construit dans le but de continuer leur double jeu de prendre publiquement la posture d’opposants à la guerre tout en continuant de permettre à l’administration Bush de la poursuivre.

Kerry a ajouté : « Je vais octroyer aux troupes les fonds nécessaires pour la protection des intérêts américains en matière de sécurité, pour l’accomplissement d’une mission qui améliore notre sécurité nationale et qui protège les troupes elles-mêmes. Nous ne proposons pas l’échec… »

Que signifie le « succès » dans le contexte de rapports faisant état de 1,2 million de morts violentes en Irak depuis l’invasion et l’occupation américaine ? Il signifie que la dévastation de ce pays continuera tant que la classe ouvrière américaine et internationale n’interviendra pas pour y mettre fin.

 

 

Colonisation: la première enquête qui fît état du génocide de l’administration BUSH

L’occupation US de l’Irak tue-t-elle 10 000 civils par mois ou beaucoup plus encore ?
par Michael Schwartz*

Alors que la presse atlantiste rend compte des 3 000 GI’s morts en Irak et des nombreuses victimes civiles des attentats inter-confessionnels, elle passe sous silence le massacre quotidien des civils, victimes des patrouilles US et de leurs opérations de recherche de suspects. Le professeur Michael Schwartz estime leur nombre à plus de 10000 par mois au cours des 3 premières années. Et bien plus encore, depuis le renforcement des opérations ordonné par le président Bush.

Une étude scientifique réalisée avec les derniers outils statistiques de pointe a été publiée le 12 octobre 2006 dans le Lancet, (la publication médicale britannique la plus réputée) [1]. L’étude concluait que - à la date de l’an passé — 600 000 irakiens étaient morts de mort violente directement attribuable aux opérations militaires en Irak. Répartis sur les 39 premiers mois de la guerre en Irak, cela équivaut à une moyenne d’environ 15 000 morts par mois. .

Mais le pire n’était pas encore atteint, le taux de mortalité violente était alors en pleine augmentation, et pendant la première moitié de 2006 la moyenne mensuelle est passée à 30 000 morts, une moyenne qui a fort probablement encore augmenté, étant donné les violents combats qui accompagnent l’actuel renforcement militaire états-unien en Irak.

Les gouvernements U.S. et Britanniques ont rapidement disqualifié les résultats de cette étude en mettant en cause « les erreurs méthodologiques de l’enquête » - et ce malgré le fait que les enquêteurs avaient eu recours aux méthodes standard d’investigation, couramment utilisées pour mesurer le taux de mortalité dans des zones de conflit ou de catastrophe. (Les chercheurs se sont rendus dans un panel d’habitations choisies au hasard et ont demandé aux habitants si quelqu’un dans leur maisonnée était mort ces dernières années, notant les détails et vérifiant les certificats de décès autant que possible). Les deux gouvernements à l’origine de la guerre ne donnèrent aucune raison concrète pour laquelle ils rejetaient les résultats de l’enquête et ils ignorèrent le fait qu’ils avaient mandaté des études identiques (parfois menées par les mêmes chercheurs) dans d’autres régions de conflit, y compris le Darfour et le Kosovo. Les raisons pour lesquelles ces gouvernements ne pouvaient accepter cette étude étaient par contre suffisamment claires : les résultats étaient tout simplement trop dévastateurs pour qu’ils les reconnaissent. (Secrètement le gouvernement britannique reconnut plus tard que la méthodologie employée était « une méthode fiable et éprouvée pour mesurer la mortalité dans des zones de conflit », sans pour autant jamais reconnaître publiquement la validité de l’étude).

Des chercheurs réputés ont validé l’étude du Lancet sans quasiment aucune critique. Juan Cole, un des principaux experts états-uniens sur le Moyen-Orient, résuma la conclusion de l’étude de manière abrupte mais correcte : « La mésaventure US en Irak a tué [en un peu plus que trois ans] deux fois plus de civils que le nombre de personnes assassinées par Saddam en 25 ans ».

Malgré ce consensus des experts, les démentis officiels ont eu un impact certain sur l’opinion publique, et les rares articles de presse qui mentionnent l’étude du Lancet l’accompagnent systématiquement des propos officiels désobligeants. Ainsi, sur le site web de la BBC, l’étude du Lancet était mentionnée sous le titre « Forte augmentation du nombre de tués en Irak » [2] mais le reste de l’article citait longuement la déclaration du président Bush rejetant l’étude sous prétexte que « la méthodologie employée est discréditée par la plupart des scientifiques » et que « le chiffre de 600 000 qu’ils avancent n’est tout simplement pas crédible ». En conséquence de ce traitement médiatique de l’information, la plupart des États-uniens pensent probablement que le chiffre avancé par M. Bush en décembre 2005, soit 30 000 victimes civiles environ (moins de 10% du chiffre réel) est correct.

Tenter d’évaluer le nombre de victimes de l’occupation de l’Irak
Ces statistiques choquantes en elles-mêmes le sont encore plus lorsque l’on observe que parmi les 600 000 victimes environ de la guerre en Irak, la majeure partie a été tuée par l’armée US. Ce nombre est de loin supérieur à tous les morts victimes d’attentats à la voiture piégée, d’escadrons de la mort, de violence ethnique ou de criminels meurtrier. Même comptées ensemble, le nombre de ces victimes est encore loin en dessous de celui de la violence militaire générée par l’armée des États-unis.

Les enquêteurs de l’étude du Lancet ont demandé à leur échantillon de population comment les personnes de leur famille étaient mortes et qui était responsable de leur mort. Les familles n’avaient aucun mal à donner la cause de la mort, plus de la moitié (56 %) des interrogés indiquant des morts par balle, 13 % mentionnèrent des attentats à la voiture piégée, 13 % des bombardements aériens, 14 % des tirs d’artillerie et autres explosions… seulement 4 % des interrogés répondirent qu’ils ne savaient pas de quoi étaient morts les membres de leur famille.

Les familles interrogées étaient moins précises quand il s’agissait d’identifier les responsables de la mort. Si la plupart était en mesure de séparer les responsabilités — les victimes d’un bombardement aérien étaient attribuées aux occupants tandis que les attentats à la voiture piégée étaient indiqués comme étant l’œuvre de l’insurrection, les morts par balle ou par tirs d’artillerie étaient moins faciles à attribuer, la plupart se produisant lors d’échanges de coups de feu ou bien dans des circonstances sans témoin. Dans de très nombreux cas les familles étaient donc dans l’incapacité de préciser qui était responsable de ces morts. Les enquêteurs n’enregistraient que les témoignages de ceux qui étaient certains de l’origine de la mort, laissant vide le champ « responsabilité » si « la maisonnée exprime des doutes quand à l’origine des circonstances ayant causé la mort ».

Pour nous, lecteurs quotidiens de la presse aux États-unis, les résultats sont effarants : dans la catégorie des morts dont la famille était en mesure d’identifier le coupable, 56 % avaient été tués par les soldats U.S. (ou par leurs alliés de la Coalition des volontaires). En nous basant sur ces chiffres, nous pouvons en déduire sans trop de doute que les forces de la Coalition avaient tué au moins 180 000 Irakiens vers la mi-2006. Par ailleurs nous avons toutes les raisons de croire que les États-Unis sont responsables d’une partie au prorata (voire plus) des morts non attribuées. Ceci signifie que — à la date de l’étude, mi-2006 — les U.S. et leurs alliés avaient peut être tués plus de 330 000 irakiens.

Les autres morts ont été les victimes de l’insurrection, des criminels de droit commun et des forces du nouveau gouvernement irakien. Et n’hésitons pas à insister encore une fois sur un chiffre qui va à rebrousse-poil de l’opinion généralement admise : les attentats à la voiture piégée, la raison de la mort la plus facilement identifiable par les familles interrogées, ne sont responsables que de 13 % des victimes, soit environ 80 000 morts, 2 000 tués par mois. Ce chiffre est horrible se situe loin en dessous du nombre des victimes des militaires US. Il représente moins de la moitié du nombre officiel de victimes des actions militaires, et même pas un quart du nombre probable.

Même si nous nous arrêtons au chiffre officiel et confirmé de 180 000 irakiens tués par les opérations militaires des troupes d’occupation U.S. et alliées depuis le début de l’occupation, nous arrivons à une moyenne de plus de 5 000 morts par mois. Et nous devons garder à l’esprit que le taux de mortalité violente en 2006 était deux fois plus élevé que le taux moyen, ceci signifiant que la moyenne des tués par les forces US en 2006 était d’environ 10 000 morts par mois - soit à peu près 300 irakiens par jour, dimanche compris. Avec le renforcement des opérations militaires en 2007, ce chiffre est probablement bien plus élevé aujourd’hui.

Pourquoi ne savons nous rien de tout cela ?
Ces chiffres paraissent totalement improbables à la majorité des États-uniens. Si l’armée US tuait 300 Irakiens chaque jour, cela ferait la « une » des journaux, n’est-ce pas ? Et pourtant, la presse tant imprimée qu’électronique ne nous dit jamais que les soldats U.S. tuent tous ces gens. On nous parle beaucoup d’attentats à la voiture piégée et d’escadrons de la mort, mais on parle beaucoup moins des victimes des soldats US, sauf de temps en temps quand il s’agit d’un « terroriste » important, ou ici et là, parfois, quand l’atrocité est vraiment trop visible.

Comment font les États-unis pour accomplir un tel carnage, et pourquoi la presse ne s’y intéresse t-elle pas ? La réponse se trouve dans une autre statistique incroyable : celle-ci est publiée officiellement par le Pentagone et est confirmée par la hautement respectable Brookings Institution [3] : ces 4 dernières années, l’Armée de terre U.S. a effectué en moyenne plus de 1 000 patrouilles par jour dans les zones hostiles, dans le but de capturer ou tuer des insurgés ou des « terroristes ». (Depuis février 2007, ce nombre est passé à environ 5 000 patrouilles par jour, si nous incluons les troupes irakiennes participant au renforcement des opérations militaires états-uniennes.)

Ces milliers de patrouilles quotidiennes ont pour conséquence des milliers de morts irakiennes, étant donné que ces patrouilles ne sont pas de simples promenades dans les rues, comme nous pourrions le croire. Dans son livre indispensable In The Belly Of The Green Bird [4], le journaliste d’investigation Nir Rosen décrit ces patrouilles comme « toutes entières remplies d’une énergie brutale et d’une tension violente qui n’est que rarement décrite par les journalistes “embarqués” de la presse “mainstream” aux États-unis ».

Cette brutalité est facilement compréhensible, compte tenu des objectifs de ces patrouilles. Des soldats états-uniens sont envoyés dans des communautés hostiles dans lesquelles la quasi totalité de la population soutient les insurgés. Les soldats disposent souvent d’une liste de suspects et de leurs adresses. Leur mission est d’interroger, d’arrêter ou de tuer les suspects, de fouiller leurs maisons pour y trouver des preuves, notamment des armes et des munitions, mais aussi de la littérature, des équipement vidéos et autres éléments utilisés par la résistance pour ses activités politiques et militaires. Quand les patrouilles n’ont pas de liste précise, ils fouillent des pâtés de maison à la recherche de personnes aux comportements suspects ou de preuves d’activités terroristes.

Dans ce contexte, n’importe quel homme en âge de porter une arme n’est pas seulement un suspect, mais un adversaire potentiellement meurtrier. Les soldats sont régulièrement briefés de ne prendre aucun risque : par exemple, frapper à la porte est souvent dangereux car on pourrait se faire tirer dessus à travers la porte. Les instructions sont donc de faire jouer l’élément de surprise dès qu’il y a un risque de danger — enfoncer la porte, la faire sauter, tirer sur tout ce qui pourrait être suspect, lancer des grenades dans les maisons ou les pièces pouvant abriter une quelconque résistance… si vraiment ils rencontrent une résistance tangible, ils peuvent demander une assistance d’artillerie ou l’aviation pour détruire le bâtiment plutôt que de tenter d’y pénétrer.

(…)

Si elles ne rencontrent pas de résistance, ces patrouilles peuvent interpeller environ 30 suspects ou fouiller plusieurs dizaines de maisons en une seule journée. Ceci veut dire que nos 1 000 patrouilles quotidiennes peuvent envahir plus de 30 000 maisons par jour.

Mais si une mine explose sous leur Humvee ou si elles sont prises sous le feu d’un sniper, alors leur mission change et a pour objectif de trouver, capturer ou tuer le responsable de l’attaque. Les officiers sur le terrain pensent d’ailleurs que très souvent les attentats à l’explosif au passage de patrouilles sont faites par des insurgés qui veulent détourner la patrouille de son objectif initial, empêchant la fouille généralement brutale des maisons, la violation de l’intimité des femmes de la maison et l’humiliation des habitants.

Les échanges de coups de feu qui suivent généralement une attaque sur une patrouille, débordent toujours sur les maisons avoisinantes, étant donné que les insurgés s’y cachent pour échapper à la contre-attaque états-unienne. En conséquence, les soldats US ont pour habitude de systématiquement tirer sur ces maisons soupçonnées d’abriter des insurgés prenant le risque de faire des victimes innocentes parmi les habitants. Les règles d’engagement de l’armée US insistent sur l’importance de tout faire pour éviter de mettre en danger les civils, et il existe de nombreux exemples où les soldats ont mesuré leur riposte afin d’épargner les civils. Mais les témoignages d’officiers et de soldats montrent clairement que, dans le feu de l’action, la priorité est la capture ou la mort de l’insurgé, pas la sécurité des civils.

Tout ceci paraît assez encadré et ne permettant pas de générer le nombre de morts avancé par l’étude du Lancet. Mais l’importance du nombre de patrouilles — 1 000 par jour — et en conséquence le nombre important de confrontations dans les maisons, les ripostes aux attaques des snipers ou des mines, les échanges de coups de feu qui s’ensuivent… tout cela finit par s’additionner en former un massacre quotidien.

(…)

[Lors de la commissions d’enquête sur le massacre de Haditha, où un groupe de soldats US à massacré 24 membres d’une famille dans une maison, en représailles d’un attentat ayant tué un des leurs] le Major General Richard Huck, officier commandant l’unité de Marines à Haditha [aujourd’hui chargé de la planification des opérations au Pentagone], a souligné à nouveau la limpidité de ces règles d’engagement, quand il a expliqué pourquoi il n’avait pas jugé bon à l’époque de procéder à une enquête sur la mort de ces victimes civiles :

« Ces morts sont survenues lors d’une opération de combat et il est fréquent qu’il y ait des victimes civiles dans ce type d’engagement. Dans mon esprit, j’ai vu que les insurgés avaient tiré sur mes soldats et que les soldats de la Kilo Company avaient riposté. Dans ces circonstances, la mort de 15 civils non concernés ne me paraissait pas suffisamment inhabituelle pour justifier une enquête ».

Pour le Général Huck, comme pour les autres officiers commandant en Irak, à partir du moment où il y a « des coups de feu ennemis » — voire simplement la menace de ces coups de feu — alors les actions commises par les Marines dans cette maison d’Haditha étaient non seulement légitimes (à partir du moment où elles sont mentionnées dans le rapport d’intervention), mais carrément exemplaires. Les soldats ont riposté de manière appropriée dans une situation de combat, et la mort de « civils non concernés » n’est « pas inhabituelle » dans ces circonstances.

Partant de cette constatation, souvenons nous que les soldats de l’Armée de terre mènent un peu plus de 1 000 patrouilles par jour — ce chiffre ayant grimpé à 5 000 patrouilles si on inclut celles menées conjointement avec les troupes irakiennes). Si l’on croit les chiffres publiés par le Pentagone — et confirmés par la Brookings Institution — ces patrouilles résultent en 3 000 échanges de coups de feu chaque mois, soit environ une centaine par jour en moyenne juste pour les soldats états-uniens. Ces combats ne causent pas toujours la mort de 24 civils innocents d’un coup, mais les règles d’engagement appliquées par nos soldats — lancer des grenades à main dans des maisons soupçonnées d’abriter des insurgés, utiliser une puissance de feu maximum contre des snipers, utiliser l’artillerie et l’aviation contre tout nid de résistance — garantissent un flot continu de morts civils.

Il est important d’analyser comment ces évènements sont relatés par la presse des États-unis, quand celle-ci se donne la peine d’en parler. Voici par exemple une dépèche de l’Associated Press à propos de patrouilles dans la province de Meyssan, un bastion de l’armée du Mahdi (Juin 2007).

« Plus loin dans le Sud, les autorités irakiennes ont indiqué que plus de 36 personnes ont trouvé la mort lors de combats violents durant la nuit, lors d’une opération de ratissage de maisons menée par des soldats britanniques et irakiens dans la ville d’Amarah, un bastion de la milice chiite, l’Armée du Mahdi » [5].

Cette information fait partie d’une dépêche relatant plusieurs combats dans tout l’Irak, intitulée « Les forces U.S. et irakiennes accentuent la pression sur les insurgés ». Aucun des combats présentés n’est décrit comme étant autre chose que la routine. Il y eut environ 100 combats ce jour là, tous produisant leur lot de victimes. Combien ? Si nous partons des chiffres estimés par l’article du Lancet, les incidents d’Amarah représentent environ un dixième de tous les Irakiens tués par les États-uniens ce jour là. Extrapolés au reste du mois de Juin, le total des Irakiens tués avoisine probablement les 10 000.

Lors de la commission d’enquête sur Haditha l’un des enquêteurs posa la question de la justification d’un taux aussi élevé de victimes, notamment civiles, dans la traque et l’arrestation des insurgés en Irak. Le Lieutenant Max D. Frank, premier officier à avoir enquêté sur les morts d’Haditha, déclara alors que ces morts étaient « un résultat malheureux et involontaire découlant du fait que les habitants locaux permettent aux combattants insurgés d’utiliser leurs maisons comme base d’attaques contre des patrouilles états-uniennes ». Dans la même veine, le premier Lieutenant Adam P. Mathes, responsable de l’unité impliquée dans le massacre, refusa de manière véhémente l’idée que l’armée puisse s’excuser auprès de la population locale pour les exactions commises. Au contraire, Mathes insista sur le fait que l’armée devrait plutôt faire savoir à la population que l’incident d’Haditha (le massacre de femmes et enfants) était représentatif « des choses désagréables qui vont vous arriver si vous laissez des terroristes utiliser votre maison pour attaquer nos soldats ».

Dans mon exemplaire du Dictionnaire Merriam Webster, le mot « terrorisme » est défini ainsi : « des actes de violence ou de destruction (attentats à la bombe) commis par des groupes dans le but d’intimider la population. … » Ce qui s’est passé à Haditha cette nuit là était précisément un tel acte de violence. Et il n’était pas isolé, il y en eut plus de 100 ce jour là. Et ils furent commis par des gens comme le Lt. Mathes dans le but d’intimider la population d’Haditha et d’autres villes en Irak, afin qu’ils cessent de soutenir l’insurrection.

Michael Schwartz
Michael Schwartz est professeur de sociologie à l’université d’État de New York, Stony Brook

[SOURCE: http://www.voltairenet.org/fr]

Semer la mort MADE IN USA

mai 27th, 2008 by admin

1ère étape
Envahir un pays pauvre sous dictature au nom de la démocratie pour le pétrole.

2ème étape
Gérer les coûts, surveiller les communications, installer entreprises qui gèrent le vol du pétrole, les tortures et le génocide irakien.

3ème étape
Réprimer les antiguerres, faire croire à une guerre infernal, dévelloper le marché de la drogue, reverser les bénéfices à l’administration

4ème étape
Détruire un peuple, détruire la vérité en inventant une résistance, tuer les journalistes pour bloquer les informations irak qui circulent

5ème étape
Bombarder le pays pour maintenir l’impression d’une guerre, installer un président corrompu, Destructions, Terreur, refuser toutes accusations

L’Irak et le Darfour : la politique derrière les crimes de guerre

mai 27th, 2008 by admin

Mondialisation.ca, Le 12 fevrier 2007

La réponse internationale à deux cas de tueries massives — la guerre civile qui prévaut dans la région du Darfour au Soudan et l’occupation américaine de l’Irak — démasque la complète hypocrisie des principales puissances capitalistes et des Nations unies lorsqu’elles prétendent défendre les droits de l’Homme et faire respecter le droit international.

En mars 2003, l’administration Bush, soutenue par le gouvernement Blair en Grande-Bretagne et par le gouvernement Howard en Australie, a violé la Convention de Genève et s’est lancée, sans provocation de la part de l’Irak, dans une guerre d’agression. Tous les prétextes avancés pour justifier l’invasion ont été de la propagande grossière et des mensonges délibérés — des armes de destruction massive qu’aurait possédées l’Irak jusqu’aux allégations que le régime de Saddam Hussein soutenait le terrorisme international.

Des milliers d’Irakiens sont morts lors de l’opération « choc et stupeur » de l’envahisseur. Les forces sous direction américaine ont depuis tenté d’écraser la résistance légitime du peuple irakien au moyen de bombardements sans discrimination, de détentions de masse, de la torture dans des prisons, comme à Abou Ghraib, et de massacres dans des villes comme Fallujah, Najaf et Tal Afar. L’infrastructure économique, culturelle et sociale de l’Irak a été ravagée et la population appauvrie.

La politique américaine a favorisé les divisions sectaires et communautaristes et est directement responsable de la guerre civile sanglante qui ravage certaines régions du pays. L’armée et les forces policières irakiennes formées par les Etats-Unis sont constituées en grande partie de musulmans chiites et de Kurdes qui font régner la terreur dans les communautés arabes sunnites sympathisant avec l’insurrection anti-occupation.

Il n’y a pas de décompte précis du nombre d’Irakiens morts suite aux actions criminelles de l’administration Bush et de ses alliés. L’armée américaine a pris la décision délibérée ne pas les consigner. Une évaluation scientifique de ce nombre a toutefois été rendue publique.

En octobre 2006, le journal médical Lancet a publié les résultats d’une enquête approfondie, menée par l’Université Johns Hopkins, portant sur le nombre de morts résultant de l’invasion et de l’occupation de l’Irak par les Etats-Unis. Au total, on a interrogé 1849 foyers — soit près de 12 000 personnes — sur le nombre de décès dans leur famille et les causes de la mort, sur une période remontant à 14 mois avant l’invasion et se poursuivant jusqu’au moment de l’enquête. Les certificats de décès ont été présentés dans la plupart des cas.

Les données ont été amassées dans tout l’Irak. La conclusion de l’enquête a révélé que le taux de mortalité brut en Irak a grimpé de 5,5 pour mille qu’il était avant mars 2003, à 7,5, puis à 10,9 et a finalement atteint le chiffre stupéfiant de 19,8 entre juin 2005 et juin 2006.

En extrapolant ces résultats à toute la population irakienne, les chercheurs de l’Université Johns Hopkins ont estimé qu’entre 393 000 et 943 000 décès supplémentaires s’étaient produits sous l’occupation américaine, la médiane étant estimée à 655 000 morts. La grande majorité est morte de façon violente, par exemple d’un coup de feu, d’une explosion de voiture ou autre et de frappes aériennes. Les blessures par armes à feu ont causé 56 pour cent des morts violentes et il a été estimé que les forces américaines ou alliées ont été directement impliquées dans 31 pour cent de ces cas.

L’impact de la guerre a été beaucoup plus grand encore que ce nombre terrifiant de morts indiqué par les travaux des universitaires. Le nombre de personnes qui ont été physiquement ou psychologiquement blessées n’a pas encore été établi. Les agences de l’ONU estiment au bas mot que près de deux millions de personnes ont fui le pays et que 1,7 million a aussi été déplacés au sein du pays même. En d’autres termes, on peut penser que l’invasion illégale et brutale de l’Irak a été la cause de la mort, de blessures ou du déplacement de plus de 20 pour cent de la population du pays.

Cependant, dans les instances des Nations unies, qui ont à plusieurs reprises prolongé le « mandat » de l’occupation américaine pour qu’elle poursuive la répression du peuple irakien, l’étude Johns Hopkins a été passée sous silence. L’élite dirigeante européenne, qui avait affiché son opposition à la guerre en Irak en 2003, est elle aussi demeurée muette. Les médias américains, y compris les soi-disant journaux libéraux tels que le New York Times et le Washington Post, ont enterré le rapport.

Le fait que le président Bush ait rejeté du revers de la main ce rapport en le qualifiant de « non crédible » n’a pas été publiquement contesté. Son proche allié, le premier ministre australien John Howard, a fait la démonstration de son ignorance à la télévision australienne : « Je ne crois pas cette étude John Hopkins. Elle n’est pas plausible. Elle ne se base sur rien d’autre que sur une enquête de porte-à-porte. » Personne ne s’est élevé contre Howard dans les médias.

En fait, la méthodologie employée par les chercheurs de Johns Hopkins sert de base à la déclaration acceptée universellement par l’ONU, l’Union européenne, et les gouvernements de Bush, Blair et Howard, selon laquelle entre 200 000 et 400 000 personnes auraient été tuées dans le conflit qui fait rage dans la région du Darfour au Soudan.

C’est grâce aux sondages que l’on a estimé le nombre de morts causées par la punition collective de civils au Darfour par des troupes soudanaises et une milice progouvernementale connue sous le nom de Janjaweed. L’objectif du massacre était de réprimer un soulèvement de la population de l’ethnie africaine de la région contre le régime arabe du président Omar Hassan al-Bashir, soulèvement ayant débuté en mars 2003. Au cours de quatre ans de combats, environ 2000 villages d’ethnie africaine auraient été détruits par les Janjaweed ou les forces gouvernementales.

Comme en Irak, il n’existe pas de décompte précis des morts. Cependant, vers la fin 2004, l’organisation basée aux Etats-Unis et qui n’existe plus aujourd’hui, Coalition for International Justice (CIG) (coalition pour la justice internationale) avait utilisé la méthode scientifiquement acceptée pour parvenir à une estimation approximative: elle avait interrogé 1136 réfugiés près de la frontière du Tchad et du Soudan afin d’établir combien de membres de leur famille étaient décédés de mort violente ou étaient portés disparus. En extrapolant, elle avait obtenu le taux de mortalité pour l’ensemble de la population du Darfour. La CIG avait publié un rapport en avril 2005 estimant à quelques 140 000 le nombre de personnes qui avaient été tuées durant la guerre civile.

Début 2005, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait aussi interrogé 17 000 réfugiés afin de savoir combien de personnes de leur famille étaient mortes de malnutrition ou de maladie. En utilisant la même méthode, l’OMS avait évalué à 70 000 le nombre de décès en 2004, avec 10 000 décès additionnels anticipés pour chaque mois subséquent.

En combinant ces deux études, les politiciens et les journalistes à travers le monde rapportent régulièrement qu’entre 200 000 et 400 000 personnes ont été tuées au Darfour. Au moins deux millions de personnes de plus, terrorisées par la milice et touchées par la destruction des maisons et des cultures, ont été forcées de quitter leur foyer.

Dans ce cas, contrairement à celui de l’Irak, le nombre des morts a provoqué de par le monde l’indignation morale et des appels à la justice. Le 9 septembre 2004, le président Bush, reprenant à son compte le sentiment exprimé dans une résolution du Congrès, avait qualifié les atrocités au Darfour de « génocide ». Il avait déclaré : « Nous en sommes arrivés à la conclusion qu’un génocide s’est produit au Darfour. Nous pressons la communauté internationale à travailler avec nous pour empêcher et réprimer les actes de génocide. Nous en appelons aux Nations unies afin qu’elles entreprennent une enquête complète sur le génocide et les autres crimes commis au Darfour. »

Le parlement européen s’était joint à l’administration Bush et avait déclaré en septembre 2004 que les agissements du gouvernement soudanais « équivalaient à un génocide. »

John Kerry et les sénateurs Joseph Lieberman, Barak Obama et Hillary Clinton sont parmi les démocrates en vue aux Etats-Unis qui déclarent qu’un génocide est en train de se produire au Darfour et qui appellent à une plus grande intervention du gouvernement américain contre le gouvernement Bashir.

À l‘ONU, en plus d’une conférence sur l’aide à apporter au Darfour, d’une intervention militaire menée par la force de maintien de la paix de l’Union africaine et d’appels pour des sanctions plus sévères contre le Soudan, il y a aussi eu une commission d’enquête sur les crimes de guerre.

Le 31 mars 2005, le Conseil de sécurité de l’ONU instruisait le Tribunal pénal international (TPI) de la Haye en vertu de la résolution 1593 d’enquêter sur des crimes de guerre allégués au Darfour. Le procureur en chef de la cour, Luis Moreno-Ocampo annonçait en décembre que les premières accusations allaient être portées ce mois-ci. La déclaration du TPI mentionnait : « Les preuves se dégageant de cette première affaire désignent des personnes spécifiques qui semblent porter la plus grande responsabilité pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, y compris des crimes de persécution, de torture, de meurtre et de viol. »

Suggérant que des officiels soudanais de haut niveau pourraient être impliqués, le TPI déclarait : « le plus important peut-être c’est que les preuves mettent à nu le cadre opérationnel sous-jacent grâce auquel ces nombreux crimes ont pu être commis ». Lors d’une rencontre d’urgence sur la situation au Darfour, convoquée par la commission des droits de l’Homme de l’ONU le 12 décembre, le secrétaire général de l’ONU à la retraite, Kofi Annan déclarait : « Nous devons agir de toute urgence pour empêcher de nouvelles violations, notamment en traduisant en justice les auteurs des nombreux crimes qui ont déjà été commis. »

Le contraste entre les deux situations, le Darfour et l’Irak est des plus saisissants. La raison sous-jacente peut se résumer en un mot qui à lui seul explique en grande partie la situation politique contemporaine : le pétrole.

L’impérialisme américain a envahi l’Irak en premier lieu pour prendre le contrôle de ses ressources énergétiques. Les démocrates ont entièrement soutenu cette ligne d’action. Ne voulant pas défier les Etats-Unis, les autres grandes puissances, incluant l’Angleterre, la France, l’Allemagne, le Japon, la Russie et la Chine, se sont joints à eux ou bien ont gardé le silence sur les crimes de guerre commis contre le peuple irakien. L’ONU est intervenue et donné sa bénédiction à cette guerre d’agression illégale.

Le Soudan est aussi un pays riche en pétrole et stratégique géopolitiquement. Cependant, la puissance émergente qui a gagné le plus d’influence dans ce pays, est la Chine. Les tentatives de Pékin de développer son influence politique et économique en Afrique sont vues comme une menace tant par les Etats-Unis que par l’Europe. L’indignation morale devant la situation au Darfour est un moyen commode de miner l’influence de la Chine et de donner un prétexte aux Etats-Unis et à ses alliés au cas où une intervention militaire plus importante s’avérait nécessaire.

L’ONU est tout simplement l’antichambre de ces intrigues impérialistes. Les représentants officiels de cette organisation ne sont rien moins que les porte-parole des principales puissances impérialistes, leur permettant d’exprimer leur inquiétude hypocrite sur la situation désespérée des gens au Darfour, tout en gardant délibérément le silence sur les crimes de guerre américains en Irak. C’est bien le dernier des soucis des représentants de l’ONU et des principales puissances impérialistes que la souffrance des millions de travailleurs ordinaires au Darfour, en Irak et ailleurs dans le monde.

par James Cogan

Note : L’édition de février 2007 du magazine de Johns Hopkin contient une défense détaillée de son étude et de sa méthodologie. Voir “The Number”, by Dale Keiger, http://www.jhu.edu/~jhumag/0207web/number.html

Article original en anglais paru le 9 février 2007.

Vidéo: Irak à vendre, la guerre pour le profit (en anglais)

mai 27th, 2008 by admin

par Robert Greenwald
Mondialisation.ca, Le 20 mai 2007

La privatisation de la guerre (Irak à vendre) est un excellent documentaire sur le rôle des entrepreneurs militaires privées en Irak.

Sous le prétexte de la reconstruction en Irak, les entreprises suivantes sont impliquées dans cette guerre pour le profit:
- Dick Cheney’s Halliburton, Kellog, Brown & Roots (KBR)
- CACI impliqué dans “l’interrogation“ à Abu Ghraib
- Blackwater
- Titan
- DynCorp
- Military Professional Resources Inc.(MPRI)

SOURCE: MONDIALISATION.CA

Voir la vidéo (VO - en anglais) sur Google: http://video.google.com/videoplay?docid=-6621486727392146155

Le mensonge américain en chiffre: plus de 1 million de morts

mai 27th, 2008 by admin

Il est environ 10 fois supérieur à la plupart des estimations données dans les médias américains, et est basé sur une enquête scientifique valide sur les pertes irakiennes violentes causées par l’invasion américaine depuis mars 2003.
Cette étude, publiée dans le prestigieux journal médical « The Lancet » (voir articles ci-dessous), a évalué que plus de 600,000 Irakiens avaient été tués suite à l’invasion depuis juillet 2006.Les pertes irakiennes n’ont jamais cessé depuis lors. Le compteur ci-dessus fournitune mise à jour quotidienne brute de ce chiffre, basé sur un taux d’augmentation tiré du « Iraq Body Count ». (Voir l’explication complète.)

janvier 1st, 1970 by

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